Edito

Adoration et communion

Lorsque nous venons à l’Adoration du Saint Sacrement notre prière s’élargit aux dimensions de l’univers et nous sommes en communion avec le monde visible et invisible. Jésus est là, je suis là et dans cette présence l’un à l’autre se vit une communion bien au delà de nos deux personnes. Une communion avec la Trinité dans laquelle j’ai été plongé le jour de mon baptême et qui me manifeste sa vie et son amour. Une communion avec la foule des créatures célestes qu’on appelle les anges et des bienheureux : « cette foule immense que nul ne pouvait dénombrer » dont parle l’Apocalypse et qui adore, loue et rend grâce au Seigneur . Une communion avec le monde visible celui de notre humanité qui est sans cesse dans le cœur de Dieu. Par ma seule présence je porte ces personnes connues et inconnues que sont mes contemporains. Par moi c’est l’humanité entière qui rend grâce. Lorsque je viens adorer j’entre dans cette grande chaîne des priants qui sans cesse font monter vers Dieu louanges, supplications et actions de grâce. Par là même je réalise le grand dessein que Dieu a sur l’humanité ; être en communion avec lui et avec nos frères les hommes. Saint Ignace de Loyola, écrit au début des Exercices Spirituels : « l’homme est fait pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur…les autres choses sur la face de la terre sont créés pour l’homme, pour l’aider à poursuivre la fin pour laquelle il a été créé. » (n°23 principes et fondements). Jésus plusieurs fois dans l’Evangile se retire pour prier son Père qui est dans le secret. Il a besoin de ces moments d’intimité avec son Père pour vivre pleinement sa mission : porter la Bonne Nouvelle aux hommes et aux femmes de son temps et former ses disciples pour qu’à leur tour ils puissent vivre cette même mission. De même si nous voulons vivre les appels du Seigneur il est essentiel de prendre ce temps avec lui pour nous affermir dans la foi et ainsi grandir dans le témoignage de l’évangélisation. Lorsque je vais à l’Adoration je suis comme Marie aux pieds de Jésus qui l’écoute et lorsque sa sœur interpelle le maître pour que Marie vienne l’aider. Jésus lui répond « Marthe, Marthe tu t’inquiète pour bien des choses, une seule est nécessaire Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10/38-42). Aller au nécessaire pour dire comme Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » (Ga2/20)