Edito

Pentecôte aujourd’hui

Cinquante jours après Pâques nous fêtons la Pentecôte. Le temps qui a suivi Pâques a été un temps fort pour les disciples avec le double choc de la Passion, la mort de Jésus et sa résurrection. Ils ont eu un temps d’affaiblissement de leur foi, Jésus leur apparaissant pendant quarante jours (Act 1/3) , il les enseigne, enracinant les événements dans l’histoire d’Israël et donc l’histoire du Salut.

Malgré ce, ils sont encore entre eux dans « la chambre haute » attendant ce que Jésus leur avait promis d’envoyer. Ils étaient là les douze plus Marie et quelques femmes priant et certainement partageant ce qu’ils avaient vécu. En effet Jésus leur avait dit : « mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous, vous serez alors mes témoins à Jérusalem dans toute la Judée et la Samarie jusqu’aux extrémités de la terre » (Act. 1/8). C’est dix jours après l’ascension que cette « force de l’Esprit Saint » vient sur eux et leur permet d’accomplir la mission que Jésus leur avait fixé. Les portes et les fenêtre s’ouvrent et, alors qu’ils sont enfermés dans le Cénacle, ils vont partir annoncer la Bonne Nouvelle aux quatre coins du monde. Eux « des gens sans instruction ni culture » (Act. 4/13) tiennent tête au Sanhédrin l’élite intellectuelle et religieuse d’Israël. La plupart des interventions rapportées par les Actes sont faites par Pierre lui qui avait renié le Seigneur par peur, parle avec assurance sans crainte de l’avenir et de la persécution. Ils sont des hommes nouveaux. Un peu plus tard c’est ce qui arrivera aussi à Paul. Lui le persécuteur va complètement être retourné et annoncer la Bonne Nouvelle qu’il voulait éradiquer. Cette prédication va s’accompagner de signes semblables à ceux que Jésus fait dans l’Évangile et la constitution de communautés ferventes où « la multitude des croyants n’avait qu’un seul cœur et qu’une seule âme » (Act. 4/32) et « se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle et la fraction du pain » (Act. 2/43). Tout cela manifeste la force de l’Esprit Saint qui leur est donnée. De même nous allons fêter la Pentecôte ; que ce ne soit pas seulement la commémoration d’un événement fondateur de l’Eglise mais que nous ayons un désir profond pour chacun d’entre nous et pour nos communautés d’accueillir ce vent violent qui secoue toutes les vieilles habitudes et donne cette force qu’ont eu les disciples pour annoncer l’Évangile. Que ces langues de feu dont il est question viennent sur nous allumer l’incendie de l’Amour du Seigneur et de nos frères pour leur porter la Bonne Nouvelle du salut.

Dans cette période entre Ascension et Pentecôte prions au plus profond de notre cœur pour que le Seigneur renouvelle l’effusion de l’Esprit. Car comme le dit Paul VI (E.N. 75) « il n’y aura jamais d’évangélisation possible sans l’action de l’Esprit Saint » et François d’ajouter . Évangélisateurs … qui s’ouvrent sans crainte à l’action de l’Esprit Saint. À la Pentecôte, l’Esprit fait sortir d’eux-mêmes les Apôtres et les transforme en annonciateurs des grandeurs de Dieu, … L’Esprit Saint, de plus, infuse la force pour annoncer la nouveauté de l’Évangile avec audace, …. Invoquons-le aujourd’hui, en nous appuyant sur la prière sans laquelle toute action court le risque de rester vaine, et l’annonce, au final, de manquer d’âme.  Jésus veut des évangélisateurs qui annoncent la Bonne Nouvelle non seulement avec des paroles, mais surtout avec leur vie » (E.G.259).