Edito

Juge ou médecin

Le temps de l’Avent, que nous commençons, est la période pour nous préparer à la venue de Jésus à Noël. Une proposition pour apprêter notre cœur est le Sacrement du pardon. Nous pouvons l’aborder de deux manières différentes :

ou nous pensons à Dieu comme à un juge et ce sera alors le tribunal de la pénitence.

Ou nous pensons à lui comme à un médecin et ce sera une thérapie spirituelle.

Suivant la perspective que nous avons ce sacrement sera vécu très différemment. Si c’est le juge que nous allons rencontrer nous sommes dans une perspective légaliste où Dieu règle nos comptes. Ce n’est pas ce que nous trouvons dans l’Évangile. Jésus dit en effet « je ne suis pas venu pour les justes et les bien portants mais pour les malades et les pécheurs » (Lc 5/31). Déjà dans la 1ère alliance le prophète annonce : : « Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, »(Os 14/5) Aller se confesser c’est aller vers le médecin de nos âmes et non vers le juge qui va nous infliger une peine que nous aurons à faire pour être pardonnés. Le médecin, lui, donne une médication  pour nous permettre de guérir.

La démarche est très différente d’un côté le juge, juge un acte délictueux, de l’autre le médecin voit une personne pour la guérir, le péché n’étant qu’un symptôme du mal qui touche la personne. Face au juge on est délinquant, face au médecin on est malade. Au juge on avoue, au médecin on se confie. Le juge donne une peine pour punir et réparer, le médecin indique un thérapie pour guérir.

Suivant comme nous envisageons la confession nous nous situons de manière différente vis à vis de Dieu. D’un côté (tribunal) nous allons acquérir notre Salut par l’aveu et la pénitence. D’un autre (médecin) nous allons recevoir le Salut par la reconnaissance de notre mal et la prise du médicament. Si je ne vois pas mon péché c’est comme certains maux sournois qui progressent en silence et lorsqu’ils se découvrent il est trop tard. Pour ne pas en arriver là il est important de faire un dépistage avec examen de conscience pour voir le mal et le soigner à temps.

Voilà ce à quoi l’Avent nous invite pour être guéris et non punis.

Comme pour certaines maladies la thérapie peut être longue avant que le mal soit totalement éradiqué mais le médecin que nous avons sait bien ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons supporter. N’ayons pas peur de le consulter pour assainir et guérir notre cœur.